Le tabac

Etant une culture de décrue également adaptée aux baiboho limoneux, le tabac figure parmi les plus anciennes cultures industrielles de la région. C’est une spéculation sensiblement en déclin. Après une trentaine d’années d’activités florissantes, la filière Tabac s’est effondrée. Par la suite, les planteurs européens et malgaches (« planteurs associés » ou paysans) ont dû se reconvertir partiellement à cause des attitudes commerciales des clients en métropole qui ont boudé le tabac malgache. La culture de tabac se pratique uniquement en Jeby sur les baiboho de Mampikony et de Port-Bergé. Elle est pratiquée sur des lopins de 0,5 hectare par planteur. Elle est concurrencée largement par la culture du coton dans ce secteur.

Appui à la production

La culture de tabac a été depuis 1969 sous monopole de la Société d’Etat OFMATA mais devant les difficultés accumulées par an, OFMATA a dû faire appel au préfinancement des récoltes par la SOCTAM (Société de Production de TABAC) depuis 1990 dont l’activité est axée uniquement sur la culture du tabac blond. La SOCTAM a noué une convention avec OFMATA aussi bien en matière de recherches, de vulgarisation, de production et de Commercialisation des tabacs qu’en matière de formation des différents acteurs.

Organisation de la filière Tabac

La plus grande valeur ajoutée est créée au niveau 3 et 4 (fabrication et distribution). Dans cette filière, la Région est en position de faiblesse, car faute de débouchés, conjugué par la dégradation de la qualité des produits et les contraintes qui sont imposées pour son exploitation, les producteurs, et par conséquent la Région et les Communes, sont à la merci des autres acteurs des secteurs en amont. Il est à rappeler que l’économie de tabac a beaucoup apporté à l’Etat, mais n’a pas beaucoup fait profiter aux producteurs. Les conditions de vie des planteurs à Mampikony le prouvent ainsi que celles constatées dans d’autres Régions comme Betsiboka et Ambalavao-Fianarantsoa.

Conditions de développement de la Culture

La baisse des cours mondiaux du tabac dans les années 1970 a été à l’origine du premier déclin de la culture de tabac au profit des cultures vivrières. L’OFMATA qui depuis 1969 devait jouer le rôle dévolu à la SEITA, sans soutien, s’est vite trouvé en difficulté. Ce qui l’a obligé en 1989 à rechercher de nouveaux partenaires, en l’occurence « le groupe Bolloré » qui a organisé une nouvelle approche de la filière et a eu dès la première Campagne des résultats encourageants.

Ainsi donc, la relance de la culture de tabac devrait passer par le renforcement des accords entre l’OFMATA et les Sociétés privées pour mener des actions conjointes dans la production de tabac, notamment des avances pour les engrais. D’autre part, il faut renforcer l’appui au Centre de recherches/développement/vulgarisation/formation en association avec le CIRAD et surtout s’organiser sur la recherche d’autres débouchés à l’extérieur, sur l’essai de nouvelles variétés et sur l’introduction de nouvelles techniques (surtout du séchage) pour préserver la qualité et diminuer les pertes au niveau des producteurs.

Autres cultures industrielles

Compte tenu de ses spécificités agricoles et écologiques et l’étendue de son territoire, à part le coton et le tabac, la Région a une grande potentialité en matière de culture industrielle. Neufs produits sont concernés : l’arachide, la canne à sucre, le raphia, le satrana, le cocotier, la noix de cajou, les oignons, les bananes et les oranges.

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